lundi 20 mai 2013

Il pleut


Il pleut. Depuis l'automne enfuit.
Comme si le temps perdu s'était figé,
Sable cristallisé en un sablier, maudit
Depuis l'écoulement premier. 

Il pleut sous le kiosque blanc.
En dehors, il gèle. Le monde est froid ;
Nos espoirs, humides - rouge sang -
Blessés d'impossible, lentement se noient.

Si nous avons le même soleil,
La même lune, moi je rêve que les gouttes
Qui perlent mes lèvres de merveilles,
Soient celles qu'aux tiennes je goûte...

Tu es un souvenir si puissant !
Ton âme a sur moi cette emprise
Qu'ont les mots sur les poètes cherchant
Pour leur muse la rime la plus exquise.

Pauvres poètes ! Quelle muse pourra
Jamais t'égaler ? Imagines mon calvaire !
Et celui de celles qui m'envoient
Des billets dont je n'ai que faire.

Je n'attends que toi, sous cette pluie.
Que tu fasses éclater mon coeur !
D'un baiser, que tu prennes ma vie !
Je n'attends que toi, ô ma Douceur...



dimanche 12 mai 2013

Elizabeth, l'âge d'or

Elizabeth l'âge d'or, de Shekhar Kapur, avec Cate Blanchett.


Résumé Allociné :
En 1585, Elizabeth Ière règne sur l'Angleterre depuis près de trente ans. Le vent destructeur du catholicisme fondamentaliste souffle sur l'Europe, sous la conduite de Philippe II d'Espagne. Soutenu par l'Eglise de Rome, le roi dispose d'une armée puissante et d'une Armada qui domine les mers. Philippe II est déterminé à renverser la reine "hérétique" et à ramener l'Angleterre au sein de l'Église romaine catholique. Elizabeth se prépare à la guerre contre l'Espagne mais doit aussi mener un combat plus intime contre ses sentiments pour Walter Raleigh, pirate au service de Sa Majesté. L'amour étant interdit à une souveraine vouée corps et âme à son pays, la reine encourage sa dame d'honneur préférée, Bess, à se rapprocher de Raleigh. Elizabeth observe l'idylle naissante. Tôt ou tard, elle le sait, elle devra choisir entre les aspirations de son coeur et ses devoirs de monarque si elle veut éviter le destin de sa cousine Marie Stuart, reine d'Ecosse, dont le nom semble lié au nouveau complot tout juste découvert par Sir Francis Walsingham.


10 ans après, le retour de la charismatique Cate Blanchett, dans le second volet d'Elizabeth, la Vierge Reine d'Angleterre.

On la retrouvera plus aigrie, frustrée de ne pouvoir inviter un homme dans sa couche MAIS l'Histoire nous soulagera de cette aberration cinématographique car on sait que la Vierge a eu des amants...


Et puis des prétendants à l'époque, ce n'est pas ce qui manquait.

Le caractère colérique et autoritaire de la belle Reine est ici très bien retranscrit. Une suite que j'ai préféré au premier film qui m'avait paru un peu mou. Celui-ci est superbe d'esthétisme et mon dieu... les toilettes sont des oeuvres d'art. J'aurai voulu appuyer sur pause à chaque fois pour tout détailler !


Le jeu d'acteur est toujours aussi bon, Cate Blanchett se surpassant. Les années d'expériences y font aussi, je pense. Même le doublage français est très bon.

Les lumières sont splendides. On voit bien que le réalisateur a voulu donner à Elizabeth l'aura de Reine Vierge, de véritable icône, de déesse. Et s'est souvent à s'y méprendre tant les halos lumineux sont d'un blanc presque aveuglant.


Cette robe est sûrement ma préférée du film !
Je ne vous cache pas ma profonde envie et fou rêve de vouloir la reproduire mais, ma foi, pourquoi pas ?!

Je ne peux que conseiller de regarder ces deux films qui sont, côté textile, d'une richesse esthétique à couper le souffle. Pour l'Histoire, c'est assez retravaillé, comme toujours, hélas. On croit apprendre mais en fouillant sur de bons sites historiques, on se sent floué. Alors ce que je fais désormais, s'il s'agît d'un film historique, je lis la biographie avant de le voir, comme ça je peux ouvrir ma bouche, étaler ma science et étirer un large sourire de satisfaction. Ahah ! La crâneuse :-p

Voici la bande annonce, si je ne vous ai pas encore convaincu :

mardi 7 mai 2013

Elizabeth

Elizabeth, de Shekhar Kapur, avec Cate Blanchett.



Résumé Allociné : 
Évocation du règne d'Elizabeth 1ère d'Angleterre, fille du puissant Henri VIII et d'Anne Boylen. A la mort de sa mère, qui fut décapitée par ordre du roi, Elizabeth quitte la cour pour Hatfield House ou elle reçoit une éducation adaptée a son rang. C'est sous la protection de la sixième et dernière épouse du roi Henri qu'elle regagnera peu a peu une place a la cour royale. Proclamée reine en 1558, elle régna dans un monde domine par les hommes. Elle sut diriger le royaume, maîtrisant le jeu du pouvoir. Son règne offrit a son pays l'une des plus fastueuses périodes de son histoire.



Un film de 1998 et je n'ai rien vu passer. Mais quinze ans plus tard, je me rattrape !
Ce film est la première partie de la vie de la princesse Elizabeth, fille du roi Henri VIII d'Angleterre et de la sulfureuse Anne Boleyn, qui fut sa Reine avant qu'il ne lui fasse couper la tête, chlak ! Ah, les amours royaux sont des épées à double tranchant !

Sa première partie, disons la seconde, car le première fut celle d'une princesse envoyé en un quelconque château pour être élevée, éduquée, formée, et plein de -ée. Je ne peux m'empêcher de me dire que retirer des enfants à leur mère (et une mère à son enfant) ça ne pouvait pas faire de très équilibrés personnages...


Bref !
Nous sommes dans une Angleterre gouvernée par une Marie Tudors un peu folle-dingue (dans le film) qui cède sa catholique place de reine, à sa protestante de demi-soeur : aïe ! Le royaume qui était alors divisé le sera encore et Elizabeth court de grands dangers une fois sur le trône. Toute l'intrigue est là : complot, qui est gentil qui est méchant et Elizabeth fera-t-elle une bonne reine ? Combien de temps ?

Cate Blanchett m'a subjugué, à nouveau, encore, toujours, par son si bon jeu d'actrice ET je dois l'avouer, sa garde robe à faire pâlir même la très fashion italienne Catherine de Médicis, et toc !
Des toilettes superbes, qui ne feront que s'étoffer et s'embellir dans le second volet "Elizabeth, l'age d'or'. Mon préféré.


Oui car ici on a le droit à une belle histoire d'amour certes, mais j'ai trouvé que ça manquait de... d'originalité.

Un film esthétique, doux, avec des scènes tendres et pudiques, et le caractère d'une reine qui se forge sous le feu des complots !

J'ai vraiment aimé ce film... et tellement que j n'ai pas tardé à visionner la seconde partie, qui a été tournée quasiment 10 ans plus tard.

Voici une bande annonce, en VO, je n'ai pas trouvé mieux...




"Jouez une volte !"

jeudi 2 mai 2013

Nouvelles florales !

Cela fait depuis l'automne que je n'avais pas posté au sujet du jardin.
L'hiver a été relativement moche et ennuyeux au jardin, je n'ai donc pas eu le cœur de mettre quoi que ce soit.
En revanche, ce printemps me met en joie :-)
J'ai raté quelques prises de photos de mes jonquilles et autres bulbes charmants mais tan pis, ce sera pour l'année prochaine !

Marguerites : j'en rêvais :-)

Pleins de grappes de groseilles à mûrir !

Élégantes pulmonaires...

Coeurs de Marie

...et sa perle d'eau...

Ces invitées tapissent le sol et je les adore !

* trou de mémoire*

Le pommier sauvage en fleurs

Une active travailleuse dans les fleurs du cognassier du Japon

Papillon victime

Dans son euphorie de chat, Loki a attrapé un papillon en plein vol.
Projeté à terre et incapable de bouger, je l'ai pris dans mes mains et ai tenté de le remettre d'aplomb. Sauf qu' un papillon c'est si fragile.

Ses ailes battaient, mais quand il essayait de voler il tombait toujours. Je l'ai finalement remis au jardin où j'espérai qu'il finisse paisiblement ses jours. Mais je ne l'ai plus revu : a-t-il réussi à regagner les cieux ou bien est-il déjà au mausolée à papillons d'Utopyä ?

Mon pauvre portable sert à beaucoup de choses..!

Dans ma main

Ici on voit bien sa trompe qui plonge dans l'eau sucré

mardi 5 mars 2013

"Soie" d'Alessandro Baricco


Pour résumer... Hervé Joncour vend des vers à soie. Mais Hervé Joncour est un homme fasciné...

Ce roman est une beauté tout en mots que j'ai adoré. Tellement d'ailleurs, que j'en ai fait la lecture en vidéo, en sept parties.
Pour moi, il fait partie des romans qui se passent de commentaire. "Soie" est un roman qui doit se lire, non se raconter, ni même se résumer...
Pardonnez moi ces bien pauvres phrases mais si vous l'avez lu, vous me comprendrez. Si vous ne l'avez pas lu, il est temps de corriger cela. Mais si le coeur n'est pas à la lecture, peut-être le sera-t-il à l'écoute ?
Voici mes vidéos, j'espère qu'elles vous plairont !

PARTIE 1

PARTIE 2

PARTIE 3

PARTIE 4

PARTIE 5

PARTIE 6

PARTIE 7 ET FIN

mercredi 27 février 2013

A propos du lait de vache...


Il y a peu, j'ai serré mon fils nu contre moi, pour le bain. J'en ai eu les larmes aux yeux car à cet instant, je me suis dit que s'il on me l'arrachait pour m'utiliser, comme on arrache le veau de sa mère pour lui prendre son lait, j'en crèverai de douleur.
Savez-vous qu'il a été prouvé (puisqu'il vous faut des preuves) que la vache a exactement le même instinct maternel qu'une humaine ?
...passez au soja, je vous assure que celui à la noisette est délicieux. Cela évitera d'exploiter des vaches, de leur arracher leur veau pour les envoyer à l'abattoir et de boire un lait issue de la souffrance d'une mère.
Amies Mamans, vous ne saurez pas être insensibles à cela.

Voici une magnifique vidéo...


dimanche 24 février 2013

Six mois après, la chevelure !

Et oui, déjà six mois que je n'avais pas posté à ce sujet. En même temps, je n'ai guère eu le temps de faire de jolies coiffures et surtout, il fallait que la crinière repousse. Elle a prit quelques 6 centimètres mais devra subir la paire de ciseaux une nouvelle fois (ceux du coiffeur), pour égaliser, car là c'est toujours mon "coupage sauvage" en solo lol Et encore c'est pas trop mal !
Cette fois-ci je ne ferai pas de dégradé devant car ça m'empêche de faire des tresses façon médiévale et... j'adore !

Voici donc la chevelure en ce mois de neige.


Voilà. Donc ça repousse tout doucement, TROP doucement. Il me tarde de retrouver la longueur que j'avais jusqu'à la taille, mais je le répète encore et toujours : quand c'est cassé et que rien ne répare, il faut couper !
Comme vous pouvez le voir, les pointes ne sont pas trop sèches après six mois sans coupe. Je regrette le manque de soleil (il neigeait) qui empêche de voir leur brillance.

Soins : beurre de karité une nuit ou masque huile de coco une heure avant chaque shampoing au matin.
Mes produits n'ont pas changés et j'ajoute toujours trois gouttes d'huile essentielle d'Ylang Ylang dans mon après-shampoing.

mercredi 20 février 2013

No one can help me now

Plus personne ne peut m'aider désormais.
Je rêve de mort.

Je veux mourir comme je suis née,
Dans la panique de n'être plus.
Et renaître.

Renaître en songe, sous forme fabuleuse,
Ailleurs, où s'ébattent les sirènes,
Flatter les licornes, toucher le ciel...

Je me sens si seule,
Si loin de ma lune natale,
Plus loin encore de mon Innocence.

Mon corps est tendu de désespoir.
Mes poumons emplis d'une poudre,
Couleur de stèle :
De la cendre.
La cendre de mes désirs.

Mon sourire gagne en largeur
Sous le rasoir du mensonge. 

La comédie s'étire.
Ainsi que l'ombre...

No one can help me now.

lundi 21 janvier 2013

Le divin astre


Il est aux cieux un astre mort,
Orbite inerte, grain d'univers,
Pour vous certes, mais son corps
En secret vibre pour me plaire...

Aux éclipses, lorsqu'une étoile
Le masque de sa belle rondeur,
Il se développe, vêtu de voiles,
Coiffé d'auréoles, poudré de pâleur...

Nocturne, mon astre, descend
Du ciel sur un rayon de lune.
Sous ses pas des pétales blancs
Se font fleurs s'envolant une à une...

Je ne l'attends pas à la fenêtre ;
Le rayon meurt sur ma couche.
C'est toujours là qu'il me veut être,
Étendue, le coeur à portée de bouche...

S'étalant comme un brouillard,
Il me recouvre de son ardeur,
Et de ses lèvres me respire car
Il n'embrasse pas, il effleure... 

Ainsi s'égardent les baisers libres
Dans l'intense vibration des sens,
Entres les ventres creux, sur les fibres
Humides, sous les élans de jouissance...

Des élans comme un infini paysage
De vallées et monts changeants,
Sur lequel chaque furieux orage
Enfante un vaste et profond océan...

Et sur ce superbe fond diluvien,
Déployant ses larges ailes dorées,
Mon fougueux amant divin
Gémit de tout un plaisir sacré...

En miroir, je renvoie l'exacte pareille
Du fiévreux délice qui doit finir,
Et tout contre son attentive oreille
Je laisse s'évader les morts soupirs...

Comme je le laisse s'évader encore,
Pour regagner son rayon d'argent,
Sa maudite comédie d'astre mort,
Pour vous certes. Mais vous seulement.

vendredi 11 janvier 2013

T'écrire...

Je vais t'écrire des mots que tu sais,
Malgré le faux silence, la distance,
T'écrire mon amour en vers imparfaits
Toujours désireuse de conjurer l'absence.

On s'habitue à être adoré, c'est le dû
A la beauté, au charme du berceau.
Pourtant je veux transcender ce qui fut,
Te surprendre au détour d'un mot.

Pauvre, pauvre poème à ta gloire...
Il est des brouillons qui palpitent,
Laids de ratures, au fond des tiroirs. 
Celui-ci a prit la fuite !

mardi 18 décembre 2012

"Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo, illustré par Benjamin Lacombe

« Elle n'était pas grande, mais elle le semblait, tant sa fine taille s'élançait hardiment. Elle était brune, mais on devinait que le jour sa peau devait avoir le beau reflet doré des Andalouses et des Romaines. Elle dansait, elle tournait, elle tourbillonnait sur un vieux tapis de Perse ; et chaque fois qu'en tournoyant sa rayonnante figure passait devant vous, ses grands yeux noirs vous jetaient un éclair. »



Je tiens entre les mains le coffret d'une des plus belles oeuvres jamais écrites, à savoir "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo. Ce coffret contenant deux tomes est illustré par Benjamin Lacombe, jeune et talentueux illustrateur à la mine aussi romantique que Monsieur Hugo. 
Je ne saurais imaginer l'immense honneur que Benjamin a du ressentir à dessiner pour ce projet, le bonheur qui en a forcément découlé également.

Les éditions Soleil ont fait paraître dans leur très belle collection "Métamorphose" ce bijou que tout amoureux du roman ou du romantisme se devra désormais de posséder !

Le coffret, en carton très rigide, offre une qualité assez rare dans le milieu du livre. En l'effleurant, chose que vous ne pourrez vous empêcher de faire, il y a d'abord ces aspérités de l'encre sur le titre enjolivé de quelques timides arabesques, ainsi qu'au verso, et sur la rose rouge ensanglantée qui enchante la tranche. Un écrin de choix pour des beaux livres partiellement reliés en tissu, aux couvertures en reliefs et dorures.

 

Vous aurez déjà dévoré, vu ou entendu, les aventures du bossu Quasimodo et de Frollo le maudit archidiacre, tous deux profondément épris de la sulfureuse Esmeralda, gitane et fatale incarnation de la sensualité ; aussi je ne m'étendrai pas sur le roman en lui-même tant il fait partie de notre culture littéraire à tous. En revanche, je vais avec plaisir allonger votre temps de lecture en vous parlant des illustrations...

Ces dernières sont d'une beauté romantique toute particulière. Toujours sombres, où le rouge et le noir dominent, offrant des couleurs à l'aura des mots de Victor Hugo. Le sombre des méandres de l'âme humaine, quand elle aime à mourir, le rouge de la passion amoureuse... et l'ombre toujours, au tableau des tourments. 
Esmeralda y est maigrelette, Quasimodo plus beau que décrit dans le roman, mais peut-on en vouloir à Benjamain Lacombe de savoir si bien sublimer le côté noir de cette histoire ?


Certains verront peut-être des traits trop enfantins, mais c'est cette approche que j'aime dans les traits de cet illustrateur, car en nous sommeillent ces enfants que l'on a fait grandir trop vite et tant les courbes que les couleurs sont un mélange entre hier et aujourd'hui, où chacun de nous peut se retrouver. La lumière sera vue par les optimistes, les ombres par les mélancoliques, mais personne ne restera indifférent. C'est sûrement cela qui fait le succès de Benjamin Lacombe. 

Toujours épurés, jamais trop précis, les personnages dessinés aux grands yeux expressifs se baladent à l'intérieur de ces deux magnifiques tomes, entre fioritures médiévales et typographie moderne sur papier ivoiré. C'est un ravissement pour les yeux, pour l'âme, que de parcourir les pages de cette oeuvre tout en étant jamais abandonnés par les silhouettes qui toujours se posent en bas de page, en verso, tout en haut d'un chapitre. Sur le blog de l'artiste, un billet est réservé à la présentation du premier tome avec d'excellentes photos et de précieuses informations, que je vous invite à lire en vous rendant à cette adresse : http://benjaminlacombe.hautetfort.com/archive/2011/12/20/notre-dame-de-paris.html


La poésie y est omniprésente, par les mots ou les illustrations. On pourrait presque en faire une overdose de plaisir seulement non, c'est si bien dosé que ce dernier dure encore et encore... 

Un véritable cadeau pour Noël approchant, ou même sans occasion particulière ; un vrai présent, fait d'encre et de couleur. Voilà ce qu'est cette édition de "Notre-Dame de Paris", un don de l'Art.

Merci !

Pour vous procurer l'oeuvre sur Amazon.fr
Site de l'éditeur : Soleil
Blog de l'illustrateur : Benjamin Lacombe

Lilian & Liliane


Il est un lys d'amour dormant
Parmi la brunette et la silène enflée ,
Lilian désemparé, prince charmant
Aux pourpres tépales encore fermées.

Elle est un parfum envoûtant,
Suave Liliane faite de volupté,
Douceur olfactive traversant
A dos de vent, gorges et forêts.

A la cinquième saison venant,
Là où le rude hiver épouse l'été,
Quand le houx du liseron s'éprend,
Lilian Le Lys va fleurissant.

Liliane usera d'un nuage passant,
De sa neige prête à tomber
Pour rejoindre son bel amant
Et à son pollen s'abandonner. 

Les longs pétales iront s'étalant
Tout de rouge et de crème colorés,
Saupoudrés de grains odorants
De tendres flocons roux et pailletés. 

Lilian et Liliane ainsi s'aimant
Sous la belle canicule glacée,
Ne seront plus qu'un lilium blanc
Que rien jamais ne saura séparer.

Car l'Unique s'endormant,
Bercé par la brise des baisers,
Fanera, exhalera en soupirant
L'âme double d'un lys parfumé. 

samedi 15 décembre 2012

"L'indésirable" de Sarah Waters


Quatrième de couverture :
"Depuis la Seconde Guerre mondiale, la demeure d'Hundreds Hall n'est plus que l'ombre d'elle-même : loin de sa splendeur passée, d'étranges évènements se succèdent et distillent entre les murs un vent de terreur. Faraday, médecin de campagne, assiste la famille Ayres qui s'efforce de cacher la débâcle. A moins que le coeur du manoir ne soit rongé par un lugubre secret..."

Comment décrire ma déception ?
646 pages de remplissage, pur et simple, avec en tout cinq péripéties dont deux auront retenues mon attention.
Je ne peux hélas pas m'avancer dans ma critique sans dévoiler le fil de l'histoire, histoire ô combien plate et ennuyeuse au possible ! Alors je dirai simplement que tout est su d'avance, si on connaît Sarah Waters et si on a un peu de jugeote... 

L'auteur aurait aisément pu se passer de 200 pages. Je me suis sentie comme tenue par la main tout le long dans d'inutiles descriptions qui m'ont conduite plusieurs fois jusqu'au bord de la lassitude mais, faisant confiance à Sarah Waters, je tenais bon, comme pour son précédant roman "Ronde de nuit", me disant que j'allais forcément prendre une claque sur les dernières pages !
En effet, j'ai bien fait de lui faire confiance car elle a tourné la fin dans une telle "poésie" que j'étais captivée, mais au niveau de l'histoire, rien à faire, ça n'a pas décollé... le soufflé n'a même pas pris ! 

Je réitère ici sur deux faits : d'une part, cet auteur, lesbienne, est véritablement douée pour parler d'amour lesbien. Là, première fois qu'elle se met dans la peau d'un homme, pour une histoire purement hétéro. Déception. Je n'aurai pas relevé si au moins l'histoire avait été intéressante... D'autre part, je n'ai absolument pas réussi à visualiser, comme dans "Ronde de nuit" l'ambiance après-guerre. Je voyais toujours du Victorien, comme elle sait si bien le décrire, car le manoir d'Hundreds Hall (objet du présent roman) datait de cette ère. Du coup pour moi Caroline, l'un des personnages, portaient de superbes robes d'époque, jusqu'à ce qu'un mot de vocabulaire vienne me rappeler que nous étions dans les années 1940 ! Ah !!! Et tout le long j'ai eu cette horrible impression...

Les personnages ne sont pas attachants, j'ai développé même une véritable antipathie à force de lire comme si je voyais se dérouler sous mes yeux une scène de théâtre mal jouée. Le Dr Faraday me donnait l'impression d'un véritable "profiteur" et Caroline d'une "souillon" alors qu'elle était décrite autrement. C'était fatiguant de ne pas arriver à imaginer ce que l'on essaie de nous décrire. 

J'espère sincèrement que Sarah Waters évitera le remplissage en usant d'usantes descriptions et reviendra à ses premiers amours Victoriens et lesbiens, au plus grand bonheur de ses tous premiers admirateurs dont je fais partie. 

C'est donc sans mal ni regret que je referme ce roman, qui va rejoindre ma collection et avec soulagement que je vais reprendre ma série de World Of Warcraft, ayant trois volumes de retard.
Pour la Horde !!

dimanche 2 décembre 2012

"Nuit d'Ecosse" vidéo poétique [diaporama]

Voici une petite vidéo poétique façon diaporama pour le projet ~gabrielucy~.
Il s'agît d'un poème de Gabriel Leroy, déclamé par votre dévouée, sur fond de harpe celtique. Vous y retrouverez quelques belles photos d'Ecosse avec un petit montage sympathique "histoire de".


samedi 1 décembre 2012

Phantasma


Mon amante a au creux de ses secrets
Un amoureux pli embaumé de parfum,
Dormant parmi les livres de son chevet,
C'est une lettre écrite sur ivoiré vélin.

Le timbre est un de mes doux baisers
Déposé sur enveloppe de caresses,
Laquelle est tendrement calligraphiée
De son nom, de sa précieuse adresse.

Alors qu'éveillée elle songe en soupirant,
- Le fantasme piégé par la fragrance diffusée -
Son esprit cède, sa main tremblante allant
Dans l'ombre, à tâtons s'éprendre du papier.

Car lorsqu'une nuit nous étions unis,
Qu'elle orgasmait d'elle sous mon corps,
J'embrassais sa délicieuse volupté et lui dit :
"Penses à moi chaque fois encore."

Ainsi cette missive aux notes boisées
Se laisse ce soir emporter sous les draps.
D'abord sur le coeur puis prestement invitée
A rejoindre le sanctuaire en terre sacrée d'émoi.

Des mots elle en extrait l'intime essence,
Filtrant, raffinant l'encre en potion de désir.
La belle fait ainsi la lecture à sa jouissance
Cambrant ses reins chargés de plaisir.

Si le Monde la voit seule en extase
Il n'en est rien. Elle est à moi, aimée,
Enlacée par la douceur des phrases,
Me recréant sous sa paume, son doigté.

Froissé, lové entre ses lèvres encrées,
Nageant en ses eaux au dernier sursaut,
Je baise du bout de la fibre mon adorée
Et m'endors, une lettre d'elle sur la peau. 

lundi 26 novembre 2012

Sacrilège


"I'm so sorry, you saw me so weak tonight,
But I can't fight back my tears."
Persephone


Sacrilège,


Étendue sur la couche de l'insomnie
Je rêvais la douceur d'un duvet blanc,
Cet immaculé coton des belles nuits
Qui sur l'exquise étreinte allait glissant,

Comme le faisait ta voix à mon oreille
Découvrant de ses poussiéreux draps
L'émoi, le plaisir, la moindre merveille
Ne se dévoilant qu'au son de ta voix.

Ta peau savait se voiler de mille nuages
Au contact de la mienne frémissante,
Parfaite osmose qui faisait naître l'orage
Et le chant des chairs gémissantes.

Sur mon ventre, tu avais dessiné
Des runes empruntes de magie tactile.
Baisant leurs ardents symboles tracés
Un papillon naquit de ta langue ductile.

Soupiraient les promeles - perles-promesses ;
Matins Tendres, Divine Encre, Fée Rose - 
Qui recueillaient  sur nos chemins de caresses
Les luisants galets de nos romantiques proses.

Je t'ai appartenu de la sorte, d'un sacrilège,
D'une parole, d'un souffle qui pénétra
La peau, ensemençant de ton sortilège
Mes tissus tissant l'extase pour toi.

Soudain, alors que nous avions fusionné,
Sur nous se jetèrent de voraces bêtes
Qui déchirèrent nos pores imbriqués,
Faisant hurler de douleur l'Etre ascète.

Amorphes, séparés, éloignés, privés de l'autre,
L'arachnide inconnue nous encoconnait 
Imitant tristement celui qui fut le nôtre,
Où nous convulsions et qui nous incarnait.

Au noir de l'absence, à son aliénante frontière 
Où la nausée se confond avec l'éventration,
J'ai placé notre mourant amour sous braisière
Protégeant les cendres rougeoyantes de la Passion.

C'est tout mon corps meurtri qui pleurait,
Tordu de malaise, non plus de vertige.
Souffrante, mortellement malade, j'attendais
Plume en main, que l'encre immerge le vestige.

Les mille et unes arabesques amoureuses,
Peintes sur mon ancienne splendeur,
Se mirent à saigner, profondes, affreuses,
Me laissant à vif en proie aux cruelles heures.

Ton coeur et ta chair n'étaient plus.
Ni l'écho de ta voix, ni tes poumons
Pour oxygéner les miens, vaincus
Par le cancer du manque et de l'abandon.

Mais contre toute attente, au plus douloureux
Instant, une puissante lumière m'aveugla,
Renversant ciel et mer en un mélange vaporeux.
Sur mon épaule, un baiser salvateur se posa.

Tu recréas les reliefs du monde d'un seul mot,
Devenant sutures sur ma palpitante poitrine.
Et si parfois ma mémoire se fait chagrine
Je panse à l'écrit, te respirant de nouveau. 

Nul ne saura jamais comment
Un cheveu d'ange évita la nécrose.
C'est un fabuleux secret d'amants
Seulement connu des enfants de la nymphose.  
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...